12.07.2007

La mort dans la peau

« Alors Mad, pas trop stressé d’affronter de nouveau le jury ? »
Chloé. Je l’avais oubliée, tiens. Elle non, malheureusement. Elle me balance toujours les mêmes questions vaseuses, pendant que JC tourne autour de nous, caméra au poing.
« Un peu crevé, mais ça va. »
Eux n’ont pas l’air d’avoir passé une nuit blanche. Au contraire, ils s’agitent comme deux pantins au bout de leurs fils. Tout le monde est réuni dans le hall de l’hôtel, mais c’est à moi qu’ils en veulent. Chloé fait la grimace.
« Pas plus angoissé que ça ? Vraiment ? »
Je vais quand même pas mentir pour arranger cette conne.
« Vraiment. On verra bien. »
Je les plante là et file au théâtre, Sirius sur mes talons.
« Waouh, ils te lâchent plus, dis donc ! Alors, ça fait quel effet d’être une star ? »
- Ta gueule, Sirius.
Il éclate d’un rire franc et stupide.
« Roooh, je déconne… Décompresse, on va tout déchirer ! »
S’il savait comme je m’en fous. Etre ici ou n’importe où ailleurs sur cette foutue terre, c’est du pareil au même pour moi.
Je grimpe les marches du théâtre quatre à quatre. Mister Footing a du mal à suivre.
« Hé, Mad, attends-moi ! C’est pas le moment de s’essouffler, là… »
Je traverse les coulisses dans un état second. Tout à coup, j’ai une pulsion de mort terrible. J’ai envie de tuer. D’étrangler quelqu’un à mains nues. N’importe qui. Et regarder la vie quitter ses traits. Là, maintenant.
Je me tourne brusquement vers Sirius. Il arrive si vite derrière moi qu’on se rentre dedans. Il se met à gueuler.
« Qu’est-ce qui t’arrive, putain ? On nous a pas appelés, le jury est même pas encore là… Hé, tu vas pas péter un plomb maintenant ? Tu me fais pas ça, hein ? »
Je serre les poings. Tout est sombre et désert. Personne d’autre ici que lui et moi. Comme il me serait facile de le supprimer, d’écraser son œsophage entre mes doigts pendant qu’il me supplie de l’épargner. Saloperie de poète maudit. Presque aussi crédible que moi, c’est dire.
« Mais non, t’inquiète. »
Mais non. Non, je ne peux raisonnablement pas priver la chanson française d’un tel talent. D’abord, on chante ensemble. Après, je le bute. On a quand même pas répété toute la nuit pour rien.

Commentaires

Hum, ça tourne au Bret Easton Ellis par ici...

Ecrit par : lullaby | 12.07.2007

popstars : au lexomil !

Ecrit par : dafeen | 12.07.2007

ou alors Mad , s'il te plaît , pète un plomb un soir de prime , que ça reste dans les annales

Ecrit par : dafeen | 12.07.2007

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