11.07.2007
Hostel II
6 heures du mat. J’ai des frissons.
On a chanté toute la nuit. Spectacle inattendu des recalés filant un coup de main à leurs anciens rivaux. La larme à l’œil, mais confiants pour la suite. Tu vas y arriver. Tu vas les bouffer. Tous. C’est sûr. C’est toi, la nouvelle star.
Vanina s’est endormie sur l’épaule de Bambi. Tout à l’heure, elles nous ont fait écouter leur version de Cendrillon. Un peu lisse à mon goût, mais très mignon.
J’arrête pas de bailler. Sirius, lui, est à peine cerné. Il m’énerve, ce mec.
« J’s’rai content quand tu s’ras mort, vieille canaille… »
- Qu’est-ce que tu dis ?
- Rien, je répète…
J’ai besoin d’une bonne douche. Pour me réchauffer. Remettre mes idées en place. Et peut-être décider, dans un sursaut de lucidité, de me tirer d’ici.
« Bon. Moi, je monte. »
Sirius se lève d’un bond. Il peut tenir combien de temps comme ça ?
« T’as raison, on sera mieux dans la chambre. Plus au calme. »
Et il me suit, ce con. Décidément, rien ne m’est épargné.
On passe à la réception chercher la clé. La proprio, aussi vieille et moche que son hôtel, nous jette un œil torve.
« La 17, c’est ça ? Ah ces jeunes… veulent tous être chanteurs, maintenant ! Un ramassis de fainéants, oui ! Feriez mieux d’aller au turbin, au lieu de rêver aux corneilles ! »
- Merci bien, madame.
J’attrape la clé en lui décochant mon plus beau sourire. Elle se tait. C’est toujours désarmant, la gentillesse.
« Vieille salope aigrie ! Qu’elle crève dans son bouge de merde… » chuchote Sirius en montant l’escalier.
Aussitôt dans la chambre, je me précipite sous la douche. Le jet brûlant me fait du bien. Je reste un bon quart d’heure, tant pis pour Sirius. De toute façon, s’il est vraiment humain, il se sera déjà écroulé sur son lit.
Tu parles. En sortant de la salle de bains, c’est par terre que je le retrouve. En train de faire des pompes, ce malade mental.
« Tu devrais essayer, Mad. C’est excellent pour le souffle ! »
- C’est ça, ouais… t’as pas une clope ?
Moi qui n’ai jamais fumé de ma vie, je serais capable d’en griller une, le ventre vide, là, devant lui. Rien que pour le plaisir de le faire chier. Mais rien ne l’arrête. Une cinquantaine de pompes plus tard, il m’annonce qu’il descend faire un footing. Juste un petit tour du pâté de maisons, hein, pour la forme. Incroyable. Notre poète maudit est un Jean-Claude Van Damme qui s’ignore.
Enfin seul. Je profite de ce répit pour remplir mon journal de bord. Un vieux carnet en cuir noir, écorné, défraîchi, qui me suit partout, depuis toujours. Le seul truc palpable qui me reste de mon père.
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Commentaires
J'ai commencé par un sourire (volontaire ou pas la référence à chacun fait fait fait c'qui lui plait plait plait ?;)
J'ai fini nettement moins souriante, tu as vraiment un beau brin d'écriture Mad.
Ecrit par : lullaby | 11.07.2007
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