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30.06.2007

Acte I, scène 2

« Comment ça, Stan est introuvable ? »

Pedro n’en revient pas. La fille du précasting, non plus.

« Pire : injoignable. Ça fait une heure que j’essaie ses trois portables. Tous sur messagerie. »

Pedro devient blême.

« C’est pas possible, Jess… On n’a pas d’autre numéro, quelqu’un à appeler en cas d’urgence ? Je sais pas, moi… Ses parents ? Son mec ? Sa concierge ?  »

- Crois-moi, Pedro, j’ai tout essayé ! J’ai même envoyé une voiture de la prod chez lui…

- Et alors ?

- Et alors rien, no Stan, personne… qu’est-ce qu’on fait, putain ? Les trois autres vont péter un plomb, là !

Pedro réfléchit à toute vitesse.

« Bon, d’abord, rester calme. Ensuite, calmer ce qui nous reste de jury. Et puis calmer les candidats, surtout. Les pauvres, depuis le temps qu’ils attendent… non mais tu sais depuis combien de temps ils attendent, ici ? »

- Pedro !

- Quoi ?

- Calme-toi.

Jess le saisit par les épaules.

« T’inquiète, on va trouver une solution. Tu bosses sur l’émission depuis quand ? »

Pedro s’étonne de la question.

« Depuis le début, pourquoi ? »

- OK, ça fait cinq ans, donc. Me dis pas qu’en cinq ans, il y a jamais eu aucun problème…

Pedro éclate de rire.

« Ma pauvre chérie, si tu savais ! »

- J’imagine, j’imagine… et tu t’en es toujours bien sorti ?

- Euh… globalement, oui.

- Bon, ben y’a pas de raison que ça s’arrête maintenant, non ?

- Non, c’est vrai, Jess. Faut rester positif !

Pedro respire un grand coup. Il paraît presque soulagé. Jess lui sourit.

« Bon, alors ? »

- Alors, quoi ?

- Ben je fais quoi, moi ?

- Mais j’en sais rien, ma puce ! C’est la première fois qu’on perd un membre du jury…

Le visage de Jess s’éclaire.

« Stan ! »

Pedro fronce les sourcils.

« Ben oui, Stan… c’est bien de lui qu’on parle, non ? »

- Mais non, regarde derrière toi !

Pedro se retourne. Emmitouflé dans une couverture, Stan vient de passer les portes du théâtre. Jess vole à sa rencontre.

« Où t’étais, putain ? Tout le monde te cherchait ! »

Stan grimace de fatigue.

« Ah non, Jess, tu vas pas t’y mettre, toi aussi ! Déjà que les pompiers m’ont pété ma baie vitrée, là je suis vraiment pas d’humeur… »

- Les pompiers ? Mais qu’est-ce qui s’est passé ?

- Demande à Boris, le chauffeur de la prod. C’est un taré, ce mec ! Il sonne à ma porte pendant un quart d’heure et comme je réponds pas, monsieur appelle le 18… Ça lui est pas venu à l’idée que je pouvais avoir des boules Quiès ?

- Des boules Quiès ? Tu te baladais tranquillement chez toi avec des boules Quiès, alors que la terre entière t’attend ici ?

- JE DORMAIS, chérie ! J’ai fait un burn-out, figure-toi.

- Un quoi ?

- Un burn-out ! J’étais grillé, quoi, claqué de chez claqué, mort. J’ai dû choper la crève à Rennes ou à Lille, il a pas arrêté de pleuvoir… Bertille non plus était pas bien dans le TGV. Elle est déjà là ?

- Ça fait deux heures qu’elle t’attend de pied ferme. Jeff et Paul aussi. Je te dis que ça !

Stan a tout à coup l’expression du gamin pris en faute.

- Ah… bon ben j’y vais, alors. Je peux avoir un thé, s’il te plaît ?

- Je t’apporte ça tout de suite.

- Merci, c’est super gentil.

Ils partent chacun de leur côté. Pedro s’éclaircit la voix.

« OK les enfants, c’est parti pour l’épreuve du théâtre ! »

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